Spectacle de danse chrorégraphié par Amir Sabra et Ata Khatab d'après Koen Augustijnen, Rosalba Torres Guerrero, Hildegard de Vuyst avec Abdallah Damra, Bresa Ayub, Dima Zahran, Hamza Damra, Marah Haj, Mohammed Al Tayeh, Rebecca Kaoud, Samer Raya, Shahd Jabarin, Jassi Murad.

C'est dans le noir que démarre le spectacle. On n'entend que le battement régulier des pas des danseurs au diapason et on n'y perçoit que mieux leur grande solidarité. Puis on les découvre, dix sur le plateau nu, où juste une fontaine à eau figure au second plan.

"Badke (remix)", chorégraphié par les artistes palestiniens Amir Sabra et Ata Khatab, propose une relecture contemporaine d’une œuvre créée en 2013 par Koen Augustijnen, Rosalba Torres Guerrero et Hildegard de Vuyst. Le spectacle s’inscrit dans le contexte politique douloureux et interroge la capacité de l’art à témoigner du monde tout en affirmant la vie.

À travers une danse énergique et d'un grand synchronisme, les chorégraphes donnent une nouvelle dimension à la dabké, danse traditionnelle palestinienne, en la confrontant aux langages de la danse moderne. Cette création fait ainsi dialoguer héritage culturel, expression artistique et réalité politique.

Les danseuses et danseurs (Abdallah Damra, Bresa Ayub, Dima Zahran, Hamza Damra, Marah Haj, Mohammed Al Tayeh, Rebecca Kaoud, Samer Raya, Shahd Jabarin, Jassi Murad) enchaînent les mouvements avec une intensité impressionnante. La dabké, traditionnellement associée aux rassemblements festifs et aux célébrations, se mêle au hip-hop, à la capoeira, au cirque et au kickboxing.

Cette diversité des influences donne naissance à une chorégraphie foisonnante, dans laquelle les gestes individuels s’inscrivent dans une dynamique collective. La musique circulaire accompagne cette effervescence en associant instruments traditionnels et sonorités électroniques et devient vite hypnotisante. Et les danseurs de rentrer comme en transe dans une danse aussi festive que libératrice.

Au-delà de sa dimension esthétique, "Badke (remix)" porte une réflexion sur la résistance face à la violence et à l’incertitude. Dans le contexte palestinien, la danse peut être comprise comme une manière de préserver une mémoire collective, de revendiquer une existence culturelle et de maintenir un lien entre les individus.

L’énergie des interprètes oppose à la situation politique une affirmation de vie, de partage et de liberté. La joie qui imprègne tout le spectacle prend ainsi une portée particulière : elle devient un acte de résistance plutôt qu’un simple divertissement.

Puissant et captivant !

La bande annonce peut être vue ici