"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots" nous disait Alfred De Musset, en -190 avant Towards Happiness, dernier opus de Feldup paru le 18 septembre dernier.
C’est donc une éternelle jeunesse qui attend cet Objet Vocal Non Identifié, qui vous touche droit au cœur et au corps. 10 titres et 52 minutes de pure émotion, où la musique des Showerheads accompagne, illustre et sublime les textes poignants du jeune Franc-Comtois d’à peine 24 ans.
A l’instar de son album précédent Stared At From A Distance, Feldup nous partage ses introspections, ses doutes, ses douleurs dans des textes d’un anglais riche et imagé, d’une profondeur et d’une poésie rare. La force et l’émotion qui se dégagent de son chant laissent peu de doute sur l’authenticité de son ressenti et nous y entraînent avec lui.
La musique, rock, tantôt puissante, brute et déchaînée ; tantôt douce, réconfortante et mélodieuse, sert à merveille de décor et d’écrin à ces bouts de journal intime. Elle les complète même, tant je suis sûr qu’à elle seule elle submerge d’émotion celles et ceux à qui le texte ne serait pas intelligible.
L’album lui-même, plutôt de type concept qu’empilement de chansons formatées, collabore au sentiment d’être face à un objet rare, à consommer toutefois avec modération par la charge émotionnelle qu’il amène. D’ailleurs, rarement œuvre musicale n’aura porté aussi bien le nom d’un recueil d’images, où chaque morceau nous plonge dans une tranche de vie d’un réalisme cinématographique.
Vous l’aurez sans doute déjà compris, c’est chaleureusement que je vous recommande l’écoute de Towards Happiness ("vers le bonheur"), sorte de journal intime / carnet de route à la pureté rare, à la lucidité aveuglante et l’émotion contagieuse. Et si l’adage nous dit que l’important ce n’est pas la destination, mais que c’est le voyage, on ne peut s’empêcher de souhaiter à Feldup d’atteindre sa destination le plus vite possible…
